Créer avec un territoire, un espace muséal, un paysage, des œuvres d’art, des publics est un bonheur,
celui de glisser une parole en résonance avec l’esprit des lieux,
rebondissant dans les oreilles du public
y insérant le temps de cet instant
un changement de regard,
une nouvelle perception,
un ressenti ouvrant à son tour
un espace sensoriel d’imaginaire.

« Interrogez n’importe quel conteur moderne et il vous dira qu’il y a toujours un moment où il est touché par le feu de ce qu’il nous plait d’appeler l’inspiration, l’enthousiasme, et cela remonte à la naissance de notre espèce, au feu, à la glace, et aux grands vents qui nous ont modelés, nous et notre monde.

Le conteur est au fond de chacun de nous, le « faiseur d’histoires » se cache en nous. Supposons que notre monde soit ravagé par la guerre, par les horreurs que nous pouvons tous imaginer facilement.

Supposons que les inondations submergent nos agglomérations, que le niveau de la mer monte…le conteur sera toujours là, car se sont nos imaginaires qui nous modèlent, nous font vivre, nous créent pour le meilleur et pour le pire.

Ce sont nos histoires qui nous recréent quand nous sommes déchirés, meurtris et même détruits.

C’est le conteur, le faiseur de rêves, le faiseur de mythes, qui est notre phénix : il nous représente au meilleur de nous-même et au plus fort de notre créativité. »

Extrait de la conférence de remise du prix Nobel de littérature de Doris Lessing, 2007.